20 December 2010

Germinal

Treizième volume de la série des Rougon-Macquart, Germinal est le roman des mineurs, de la lutte des ouvriers pour leur survie contre le capital. Etienne, le héros de Germinal est le fils de Lantier et de Gervaise, vus dans L'assomoir: cela ne peut qu'être une prémonition du malheur qui va s'ensuivre...

Le roman s'ouvre avec l'arrivée d'Etienne près de la mine du Voreux: affamé et crevant de froid, Etienne trouve enfin un travail ici. Il nous y fait découvrir le travail au fond des mines: 3 générations y travaillent, dès 13 ans, hommes et femmes, dans des conditions épouvantables (que je ne saurais dépeindre avec autant d'horreur que Zola...) pour gagner à peine de quoi manger.
Disposant d'un tout petit peu plus d'éducation que ses confrères et exalté par l'idée du pouvoir rendu aux ouvriers, Etienne parle bien et ses idées générales s'installent petit a petit. Si bien que, le jour où la Compagnie décide de changer le mode de rémunération (qui équivaut à une baisse déguisée), les mineurs se révoltent et refusent de descendre dans la mine.

La famille Maheu, qui accueille Etienne au coron, sera pour Zola le symbole de ces mineurs et de la misère qui leur colle à la peau. La baraque des Maheu contient le grand-père (Bonnemort), qui a travaillé toute sa vie au fond, les parents (Maheu et la Maheude) et tous leurs enfants: Zacharie et Catherine travaillent déjà a la mine; Alzire 9 ans et bossue mourra de faim pendant cette grève; Jeanlin (qui boite depuis un accident au fond) est un petit vaurien, trainant sur les routes et volant. 2 enfants et un bébé complètent le tableau.

Digne au départ, la grève dégénère après de nombreuses semaines de douleur, de faim et de froid, jusqu'à l'apothéose de l'affrontement avec les soldats: Maheu y trouvera la mort et une partie des mineurs, résignée, retourne travailler. Dans la mine sabotée par le nihiliste Souvarine, Etienne et Catherine font partie de ceux qui sont coincés dans les galeries par les eaux montantes. Zacharie mourra d'un coup de grisou parmi l'équipe de sauvetage. Après plus de 2 semaines de recherches, seul Etienne sera remonté vivant, Catherine étant morte de faim.

Et après cela, la vie reprend: la Maheude retourne au fond avec Jeanlin, en attendant que les autres soient assez grand pour y aller aussi... Et le roman se clôt comme il a commencé: Etienne est sur la route, il repart cette fois, et les mineurs travaillent toujours.

J'ai fait l'impasse sur les amours impossibles d'Etienne et Catherine, sur Chaval, la condition de la femme, l'alcoolisme rampant, le curé, le dépeçage du corps de Maigrat, la vie au coron, les bourgeois rentiers, le petit patron raisonnable et ruiné par la grève, le meurtre du soldat par Jeanlin, Rasseneur, Souvarine, l'Internationale, Pluchart... car il est difficile de résumer si rapidement un livre aussi formidable. Les combats entre le travail et le capital qu'il évoque sont aujourd'hui encore d'actualité, avec certes une puissance centuplée du capital, mais avec les mêmes mécaniques qui broient les hommes.

Germinal est lourd, pessimiste, triste, mais puissant et passionnant! Clairement un des meilleurs de la série pour moi.

12 November 2010

La Joie de Vivre

Quelque part, après avoir lu les volumes précédents, j'ai commencé celui-là avec des difficultés à croire qu'Emile Zola pouvait écrire et transmettre la joie :) Non qu'il n'en soit incapable et d'ailleurs, Au Bonheur des Dames finit bien... pour un Zola, car le grand magasin oppresse et écrase tout de même employés et concurrents. Mais bon cette fois, l'intuition était la bonne.

Dans ce volume 12 de la grande série des Rougon-Macquart, la joie de vivre est incarnée par Pauline (Quenu, cf Le Ventre de Paris) qui arrive très jeune, orpheline, avec la petite fortune laissée par ses parents, dans un petit trou de Normandie, dans la famille Chanteau où son oncle l'accueille. Pauline est une jeune enfant, bien faite, pleine de vie et de rires qui va égayer la maison! La maison est constituée de :
  • l'oncle Chanteau, qui appréciera toujours Pauline, mais dont la particularité est d'avoir la goutte et qui paie chaque excès par des douleurs abominables: il finira en fauteuil, incapable de bouger sans souffrir et toutes les articulations rongées et déformées par le mal; il ne pèse sur le roman qu'à travers ses gueulements de douleur
  • la tante, Mme Chanteau, qui est enchantée au début, mais est rongée petit à petit, et ne résiste pas à l'envie de piocher dans l'argent de Pauline; elle projette sa faiblesse sur Pauline et lui en voudra jusqu'à la haine de l'avoir amenée à se damner; elle mourra au 2/3 du livre, emportée par une maladie rapide et incurable
  • leur fils, Lazare, qui est l'incarnation de l'ennui; la vie l'ennuie et tout ne lui est que lassitude et attente de la mort. Oh, il a bien des élans, des envies de faire des choses, mais tous ses essais sont des échecs et il en revient toujours à ses idées morbides, sa peur de la mort qui le hante et son ennui
  • la servante, Véronique, est la depuis une éternité; elle en veut d’abord à l'enfant puis, son affection grandit pour Pauline quand elle s'aperçoit que la famille vit sur son dos. Elle sera retrouvée pendue dans les dernières pages du livre
  • le chien Mathieu qui, tant qu'il peut marcher, passe son temps à suivre les habitants de la maison, et qui finira dans une souffrance atroce, trempé dans ses hémorragies
  • La chatte, la Minouche, qui tout au long du roman, ne fait que se faire engrosser et accouche de portées qui seront aussitôt noyées par Véronique ; indifférente, elle ne fait que se nettoyer le poil...

D'autres personnages gravitent autour de cette maisonnée :
  • Louise, l'amie, que Pauline poussera finalement à épouser Lazare (dans un acte d'ultime sacrifice pour les autres, car elle en est elle-même follement amoureuse); elle vivra un accouchement épouvantable (d'une description bien plus horrifiante encore que celle de Pot-Bouille) et sa relation avec Lazare se détériorera rapidement, inexorablement
  • L'abbé Horteur et le docteur Cazenove, sont les représentants de la science et de la religion; Zola aime à faire intervenir abbés et docteurs par deux semble-t-il...
  • La jeunesse du village, une bande de marmots de tous âges, mendiant, volant, buvant, jamais ne s'améliorant, que Pauline prend sous son aile, qu'elle aide et conseille, et à laquelle elle donne sa fortune petit à petit, pain par pain, sou par sou...
  • La mer, est presque un personnage à part entière, car elle aussi attaque le village de Bonneville et le ronge, comme le mal ronge et émiette les personnages ; elle est également un acteur prépondérant dans l’échec de Lazare, qui croit protéger le village des eaux avec son barrage, pour se voir moqué par les villageois lorsque ses épis sont balayés par la tempête.

Tout au long du roman, Pauline se battra, d'un optimiste et d'une joie à toute épreuve, tentant de remonter le moral de tout le monde, d'apporter le bonheur aux gens, malgré eux, malgré les difficultés, sacrifiant son amour pour Lazare et sa vie, sacrifiant sa santé vigoureuse, ses désirs de femme et son envie d'enfanter. Elle se heurtera à la réalité voulue par Zola qui, dans ce roman, semble voir l'homme comme incapable de vivre heureux. Pauline à la joie de vivre, mais n'arrive pas à la communiquer.

Prochain arrêt, Germinal!

02 November 2010

Au Bonheur des Dames

11ème volume de la série des Rougon-Macquart de Zola, au Bonheur des Dames est le roman des grands magasins. On y retrouve Octave Mouret (à la suite de Pot-Bouille), veuf de Mme Hédouin, à la tête du magasin éponyme. Mais c'est au travers des yeux de Denise que Zola choisit de nous montrer l'extraordinaire machine du magasin en marche.
Denise débarque de Normandie avec ses 2 frères à charge chez l'oncle Baudu, propriétaire d'une boutique de tissu. A partir de ce moment, elle va incarner la réussite par le travail et le courage, l'avancement forcené de la modernité qui caractérise ce second empire. Le magasin de nouveautés « Au Bonheur des Dames » s'étend sans fin dans le quartier jusqu'à le manger entier, il s'engouffre dans les nouvelles percées de Paris, il avale la clientèle des boutiquiers qui disparaissent sous l'impitoyable concurrence des nouveaux rayons... Il use et abuse des femmes, qui continuellement se ruent dans ses boyaux dépenser leur argent, leur soif de chiffons manipulée a leur insu. Mouret ne manque pas d'invention pour créer de nouveaux pièges à ses clientes...
L'histoire de tout progrès s'écrivant sur le cadavre de la génération précédente, il y a de nombreux deuils, de boutiques, de personnes, d'anciennes idées ayant vécu: ces morts sont tristes pour Denise (et via elle pour Zola) mais sont nécessaires pour l'avancée de ce peuple travailleur qui a soif de progrès et de confort. Et, une fois n'est pas coutume, le roman se finit sur une note positive avec l'annonce du mariage de Mouret avec Denise. Joie :)
Un Zola toujours puissant et entrainant, mais sans controverse cette fois (après les assassines critiques de Nana ou Pot-Bouille) et surtout, optimiste. Une fois de plus, pas de trace du thème de l'hérédité, mais sur une telle œuvre, je ne vais pas rechigner...

La suite, c’est « La Joie de Vivre »… Ce n’est généralement pas ce qui caractérise les personnages et les vies dans l’œuvre de Zola, mais je vais attendre de juger sur pièce!

25 September 2010

Robots and Empire

Last instalment in Asimov's robots series is the first where a human being is not the main character. Elijah died decades and decades ago, Fastolfe is dead too; Earthmen have settled many planets and these new spacers are called "Settlers". But the peace imposed by Fastolfe is now coming to an end and tension is growing between Spacers and Settlers.
R. Daneel Olivaw and R. Giskard Reventlov are now property of Gladia who received them from Fastolfe. The last time they saw, on a spaceship some 5 years after The Robots of Dawn, Baley made Gladia promise to always trust Giskard... She had never understood why but is now reminded of this promise!
On Aurora, Amadiro is brewing his long due revenge against Fastolfe and Earth, and young Levular Mandamus presents him a plan to destroy Earth. Meanwhile, on Solaria, inhabitants have disappeared, and robots kill humans!
Daneel and Giskard will embark on a journey with Gladia and D.G. Baley (a descendant of Elijah, named after them) and will try to find a solution to their problems: can they find a way to work outside the context of the 3 laws and thus doing, can they save humanity?

SPOILER ALERT: In the end, they will come up with the superseding zeroth law (a robot may not injure humanity or, through inaction, allow humanity to come to harm), will get the first ideas of psychohistory (as dealing with large populations of human beings) but will not prevent Earth to be slowly rendered radioactive; after having thus ensured that humanity will survive and expand, Giskard succumbs. His last act will be to modify Daneel to give him his abilities of mind reading and adjusting...

At least!!! Now I know the whole story of why is Earth radioactive! This book was a great read as usual and it is fun to see the 2 robots trying to emulate the thinking of Elijah.

Since I've now finished the robots cycle, I guess I'll go back to Zola :)

13 September 2010

The Robots of Dawn

Elijah Baley's back in business! On Earth, he has resumed his former life as a plainclothesman, only altered from his earlier adventures by:
  • Training a group of youngsters (including his son) to stay outside, in order to prepare them to an hypothetical planet relocation he's hoping for them
  • A bad work atmosphere since the hyperwave drama depicting his investigation on Solaria has made him, unwillingly, known throughout the universe; his co-workers now think him infatuated...
But now, Dr Fastolfe (previously seen in The Caves of Steel), the leader on Aurora, asks for his help in the investigation of the "termination" of a humaniform robot, the only one other than Daneel... The future of Earth hangs in the balance of this seemingly impossible mission.
As usual, R. Daneel Olivaw will be with him and he will have another robot bodyguard in R. Giskard. The main problem is that Fastolfe has publicly admitted he's the only one skillful enough to be able to "robo-block" such an advanced positronic brain, and his political enemies are using this to get rid of him.
The larger picture is that Fastolfe advocates the settlement of the universe by everybody (including Earthmen) and even wants to provide technical help to Earthpeople; his adversaries are pro-Aurora and want the billions of Earthmen confined on Earth. Whereas Fastolfe sees Earthmen as adventurous and prone to generate cultural progress and thinks the Spacer's way of life leads to stagnation, his adversaries want him to make his humanoid robot technology publicly available so that such robots can prepare worlds for the future use of Aurorans.
On Aurora, Lije find himself confronted again (see The Naked Sun) with Gladia Delmarre who moved from Solaria to Aurora to be able to "touch" people... and with whom the famous hyperwave drama says he was sentimentally involved.

That's it for the pitch, now to my impressions, but beware, MASSIVE
SPOILER AHEAD...
  • Great book as usual, I'm being spoiled and now expect every Asimov book to be great... Great story and storytelling, superb characters, and both the micro sub-plots and the massive galaxies-wide plans
  • I'm getting the big picture but in a blurred and full-of-holes way: I can see where Daneel got his mind reading/writing abilities, I can even see the first steps of psycho-history (see Foundation and Earth and Prelude to Foundation for both references) but all coming down to Giskard? Great, didn't see that coming
  • I love the endings here: in The Naked Sun, the actual murderer walks free and no one cares to ask; and in this one there's no murderer but someone is punished as such anyway :)
  • Then there's the sex: I had already noted and written for Foundation and Earth that there was a lot more sexual allusions and activity in the books Asimov wrote later in his life and this one is no exception: written 26 years after the Naked Sun, it has robots as sex toys and Lije being done by Gladia; in this context, sex was not necessary and Asimov is not as good at writing about it as he is at the rest


I need to fill the holes between the Robots and Foundation so I'll read the next one right now. I suspect this will bring me to the conclusion that I need to read the empire series but so be it, I'm prepared for another string of great books!

19 August 2010

The Naked Sun

After spending all of his life in the cave of steel of New York City on Earth, plainclothes detective Elijah Baley is confronted with The Naked Sun and open air spaces of Solaria. In this world where two people cannot suffer to stand in the same room and where robots outnumber humans 10,000 to 1, he teams yet again with R. Daneel Olivaw to conduct yet another murder investigation of a spacer, the first such act on the planet for two centuries! That's it for the pitch of the second book of the robots series by Asimov.

The book focuses on planet Solaria and its weird ways, which have reach their highest in the Foundation and Earth volume of the Foundation Series I've read last year.

I'm only going to say this: I started yesterday, and I've finished today :) definitely a great great very great book. I unfortunately have a bit of over-work scheduled in the next couple of weeks, and then, there's this Starcraft II thing going on :) but as soon as I can, I'm on to the next volume!

16 August 2010

The Caves of Steel

OK, I had finished a couple of Zola's books and for a change of scenery, I have decided to go with the robots series of Isaac Asimov... The conclusion (and having read the Foundation series, I should have known) is that I'm hooked again and I feel I won't be able to stop until I've read all books in the series ;) Well, as a precaution, I had bought all the volumes anyway :D

Soooo we are on an overpopulated Earth, and people crowd in Cities (capital C), huge caves of steel where they live bare lives and are awarded small privileges or a little comfort as they go up in the social ladder. Society revolves around civism and a precise organization to support its own weight, and no more on money and individualism. In space, man has spread to 50 planets and the Spacers live, on the contrary, quite few on their planets, scrupulous on their privacies, controlling births and immigration tightly. Spacers live with robots around them; Earthmen don't and most of them don't like robots, a large portion of the population called medievalists even dream of a return to Earth.

Elijah Baley lives in New York City, a plain-clothes detective. A Spacer has been murdered in Spacetown, the place where Spacers can live on Earth, and "Lije" is in charge of the investigation, forced by the Spacers to take R. Daneel Olivaw as a partner... R. standing for robot of course.

I don't want to go into the story in details (because it's so great I won't be able to make it short...) so I'll just write my main impressions.
The biggest thing for me is that, just like he did in Foundation, or like Herbert did in Dune, Asimov does both the big and the small things:
  • The murder investigation involves from 5 to 10 characters but the "experience" encompasses billions,
  • The whole action takes place in the City of New York and in Spacetown but its output will send light-years away,
  • The story rune for three days but it's vision will endure for centuries,
  • It looks like it's going to be yet another crime novel but turns out to be more about the future of humanity than a simple crime.

Then there's the science-fiction universe of Asimov is of course very coherent and leaves me wondering where he gets all his ideas... The Cities, the caves, the yeast, the power/energy, all the anecdotes surrounding the robots, the Spacers, medievalists, fear of the open air... When I read such an incredible book, that emanates such mastery, I wonder how it is people read such things that are published nowadays...

OK, so this book is awesome and I’m now going to read the sequel. Yippee!

11 August 2010

Pot-Bouille

Si on devait résumer Pot-Bouille, on pourrait dire que ce volume 10 de
la série des Rougon-Macquart est une accusation à charge de la bourgeoisie du second empire. Zola n'y va pas par 4 chemins et, à travers les yeux d'Octave Mouret, il dénonce la façade de moralité, d'honneur et de famille que se donne la bourgeoisie par devant, tout en commettant les mêmes cocufiages, arnaques et tromperies en tous genres par derrière...

Un bémol néanmoins, on ne peut que voir que Zola fait de ce livre une attaque violente contre la fausse moralité de ces bourgeois: les ficelles sont parfois un peu grosses et l'on peut se demander si le trait n'est pas un forci lorsque pas un seul protagoniste n'échappe au dévergondage général... La lecture est malgré tout rendue plaisante par cette ambiance délétère et ce double-jeu des personnages; et j'apprécie toujours de retrouver la précision quasi mathématique de Zola dans la construction de ses romans.

En vrac, les points que je retiens surtout de ce roman sont les suivants:
  • Le thème de l'hérédité n'est pas du tout abordé dans ce volume; tout au plus sait-on qu'Octave est le fils de François Mouret et Marthe Rougon... Dommage.
  • Le traitement de l'adultère prend une place prépondérante dans le roman, avec une critique directe de l'éducation des jeunes femmes dans la bourgeoisie: elles trompent leurs maris par folie, par éducation ou par bêtise, mais semblent condamnées à l'un de ces destins.
  • Le grand immeuble symbolise les gens qui l'habitent: derrière l'apparence respectable, on y retrouve la cour où se déverse toute la pourriture. Zola abuse d'ailleurs un peu sur le rabâchage de cette métaphore...
  • Le représentant de l'Eglise, l'abbé Mauduit, est ici mis à mal: il connait très bien les péchés de ses ouailles, mais ne peut faire autrement que de les tolérer, de fermer les yeux et de les couvrir
  • La scène de l'accouchement d'Adèle, seule dans le noir et le froid, est décrite avec minutie (esthétique naturaliste oblige) et fait froid dans le dos; on comprend alors toute la misère de ses conditions de vie...
  • Les bonnes connaissent très bien les "saletés" de leurs maîtres et, si les bourgeois se cachent derrière une façade de moralité, les bonnes s'échangent les cochonneries de ceux-ci à pleine voix d'étage à étage via les fenêtres de la cour

Une lecture très agréable tout de même! Après deux tomes de Zola, je pense maintenant que je vais changer un peu d'univers :) donc je repars sur du Asimov.

15 July 2010

Nana

Combien de temps s'est écoulé depuis mon dernier Zola?... Presque deux ans depuis l'Assomoir!!!??!!! Comment est-ce possible, j'ai l'impression que c'était il y a 6 mois? Le temps passe si vite que je ne m'en rends même pas compte! C'est beaucoup trop long donc je me suis attaqué à la suite de la série des Rougon-Macquart et je viens de finir Nana (en 2 semaines, ça me fait vraiment penser que j'ai perdu un temps fou avec Moby Dick).

Pendant ces 2 semaines, j'ai eu du mal à poser le livre tellement Nana
est un livre puissant! Zola est capable de dépeindre ses personnages
avec tant de force que j'ai l'impression de les voir s'animer devant
mes yeux...

En résumé, Nana est une tornade qui ne se contrôle pas. La puissance
de son sexe laisse des cadavres en pagaille sur son chemin: l'actrice
n'a pas de talent, mais elle a une crinière blonde, une forte gorge et
les cuisses blanches et lascives. Lancée au théâtre par Bordenave
dans le rôle de Vénus, elle fait suffoquer Paris de désir; elle
éblouit les hommes et les utilise, les vide, les ruine et les repousse
à sa guise. C'est ainsi qu'elle monte en société et en fortune,
usant notamment le banquier Steiner jusqu'à son dernier sou, mais
conservant de jeunes amants sans le sou pour couvrir sa peur de la
solitude.

En même temps, les hommes, ces animaux qu'elle manipule si facilement,
la dégoutent, et parfois elle a des envies de simplicité, loin de son
train de vie et de ses sollicitations permanentes. Ses envies sont
généralement furtives mais l'une d'elles, une toquade dit-elle,
l'entraîne dans sa chute. Et lorsqu'elle tombe, elle tombe bas et
fort. Sa toquade pour Fontan en fait une femme battue, obligée de se
prostituer pour payer un meuble, une dette ou un repas dont elle n'est
pas même remerciée. Pire, finalement lâchée par lui, elle bat le
pavé avec Satin, se débattant dans une vie dans la rue, a vendre son
corps, dans la peur de la police.

Enfin, remontant en selle, Nana déchaine son sexe et contamine tout
son monde de son ordure: elle se fait installer dans un hôtel
particulier et dépense frénétiquement la fortune d'un Comte Muffat
complètement à ses pieds, elle prend les frères pour amants jusqu'à
leurs destructions simultanées, les hommes font la queue dans l'hôtel
mais elle se prostitue parfois par ennui. Dans son dégoût des hommes,
elle se tourne vers les femmes, et Satin surtout: c'est un ménage à
trois qui s'installe alors légitimement, dans un hôtel crevant de
luxe dont l'argent s'échappe de toutes parts... Les femmes la
jalousent, la haïssent de plus belle et Paris ne l'en adore que plus:
elle est totalement conquérante à l'hippodrome, l'apothéose de la
victoire surprise du cheval nommé après elle étant prémonitoire des
problèmes à venir.

La trame du roman suit ce que l'on pourrait appeler "les collines de
Zola": Nana monte très haut, chute très bas pour remonter de plus
belle! L'image finale, montrant Nana mourante, défigurée, allongée
sur son lit, pendant que Paris prend les armes suite à la déclaration
de guerre à L'Allemagne, sert de relais à la volonté de Zola de
modeler Nana comme le second empire: les 2 ont vécu de leurs excès,
et doivent mourir de leurs excès.

Au final, Nana, avec tous ces salons remplis des visages de tous les
profiteurs de cette société: banquiers, noblesse, bourgeoisie,
presse, Eglise... est un microcosme idéal dans la croisade de Zola
contre le second empire ; par contre, Il s'attarde assez peu dans ce
roman sur ses thèses de l'hérédité et du détraquement originel par
rapport à ce qu'il a pu en traiter dans de précédents volumes.
Quelques allusions à sa mère Gervaise (sans la nommer), un
comportement nerveux, des emportements colériques sans catalyseur, des
apitoiements sur elle-même suffisent à maintenir la présence de
l'héritage génétique des Rougon-Macquart en toile de fond. Un volume
que j'ai dévoré!

01 July 2010

The Hitchhiker's Guide to the Galaxy

After the Moby Dick debacle, I needed something light and refreshing so I picked up The Hitchhiker's Guide to the Galaxy from Douglas Adams from my to-read pile of books. The Hitchhiker's Guide to the Galaxy is generally said to be a fun read. For the sake of my fingers, I'll just call the book H2G2, as seems to be the custom :)
Sooooo, I was looking for a change from Moby Dick, wasn't I? That was a change! For starters, I read the book in three days (as opposed to being stuck with it for 3 months), and was drawn to finish it (as opposed to forcing myself to turn the page). I found that it was refreshing and I even laughed a couple of times while reading it... This is definitely different from others sci-fi books like Dune or Foundation (my sci-fi culture is limited, sorry...) but I think this is what funny sci-fi is supposed to be. The tone is always derisive or ironic; the author often starts his sentence or paragraph some way and then boom! he turns it around and takes you by surprise with a goofy reference that you did not expect. Also, although the book does not take its subject very seriously, and even if it's not its primary goal, it manages to build a somewhat coherent story in a somewhat coherent universe.
Let's not be all positive here, it's not the best book in the world; at times, one can get tired of the abuse of derisive humor and of catchphrases but it's definitely not a show-stopper. Also in the minus column is the abrupt indecisive end (I hate it when they do that!).

As for the story, Arthur Dent has been dragged to the pub by his friend Ford Prefect, an undercover alien, and tries to enjoy several beers while hoping some workers do not demolish his house, when the Vogons, reputed as the worst poets in the universe, decide to destroy Earth, and proceed. That's for the first 3 chapters! Both manage to escape and beat the statistical odds (which were somewhat lower that winning the lottery twice in a row) to survive in space. There begins a journey sporting characters such as the two-headed rogue President of the universe, a depressed robot, white mice, the designer of the Norwegian fjords or friendly gun-happy space cops... You'll learn to never travel without your towel, how a war space fleet can be defeated by a simple dog, or how much 42 is the answer you were looking for.

As a conclusion, that was fun, but maybe not enough to make me rush to amazon.co.uk to buy the next volumes... Not yet anyway.

21 June 2010

Moby Dick

It's been a long time again without a single post nor a book
finished... There's a good reason to that of course. No, let's make it
several:
  1. First, I'm playing Mario Kart DS again in the train: in multi-player
    mode, it never gets old ;)
  2. Then, I've watched all 3 seasons of "The big bang theory" on my iPhone in the train as well: I have to admit I'm loving it, does that have to do with my 26% rating as a geeking geek on the geek test? (I'm a 25,46125% Total Geek sur la v3.14 du test :)
  3. And last but not least, Moby Dick is boring: I started it 5 months ago
    and I'm stuck at page 210 out of 536. I cannot find the motivation to
    go farther and since it really really blocks me, I've decided (a first
    timer for me!) to quit reading it and move on to another book.

So, how did Herman Melville managed to bore me out of my skull? There are
several reasons that are making me a quitter on this one:
  • Nothing happens: really nothing. And nothing takes up an awful lot of
    pages. After 100 pages, Ishmael is still not aboard the Pequod.
  • Weird editing: chapter are really small and often, the story is broken
    by "divagation" chapters from the writer: the dictionnary of all
    whales being the most indigest and boring of all
  • Uninteresting characters/relationship: I don't really care if nothing
    happens as long as there are interesting characters involved in
    interesting relationships: but nothing here, i could not even attach
    myself to this poor Queequeg
  • Hard to read: I've read most of Dickens, and even Tom Sawyer and Huckleberry Finn, but this one is even harder to read, mostly because of the abuse of the specific vocabulary.
  • It makes me miserable: Not even the promise of an epic journey or the development of captain Ahab could keep me reading this book, because I'm somewhat persuaded by now that the writer will ruin it with his awful style :(

Re-reading myself, I have been a bit harsch... Let's keep it at "I'm
bored and moving on" ;)
I need a change of scenery!!! I don't know what the next book will be, but it's got to be different!

05 March 2010

Selected Tales

There's a reason there has been no entry this pas few months: I've been bored by the book I've started, Selected Tales by Edgar Allan Poe, and could find no envy to read it further... and yet I was determined not to read another book while this one was not finished.
Well, for time's sake, I've compromised: I've read some of the tales, the most famous ones, so that I would get the best. To cut a long story short, even the best of them bored me and getting to a point where I could tell myself "you've done the best you could with this one" has been painstakingly long.

I've started this "Selected Tales" from Edgar Allan Poe with "The Duc de l'Omelette", "MS found in a bottle", and "The Assignation": the first one made no sense to me, the second one was not thrilling at all (although you could see the author tried) and the third one I don't even remember what it's about...
Then I moved to the so-called best novels "Ligeia", "The Fall of the House of Usher", "The murders of the rue Morgue", "The Masque of the red Death" and "The Black Cat"... The author tries to bring some exaltation, then tries to make the reader anxious and fails miserably at both tasks: the style is way too complicated; the sentences are too long and too complex to facilitate the understanding. Edgar Poe obviously has a thing for burrowing people alive, but the way he brings it in the story makes it appear more foolish that fearful.

I understand some people thing these are the creepiest stories ever, but I must not be receptive to his style.
Pheeeeew! I'm happy to be done with that one; the next one on my list is a 600 pages story about a whale :) I could use some change!