I cannot help but forget what I've done or seen, or read; some say that's called ageing... Anyway, here's the place where I will store what is unfortunately likely to disappear. One day, I'm sure I'll be glad I did it!
J'oublie tout, il paraît que c'est parce que je me fais vieux... Enfin, je vais consigner ici ce qui est certainement amené à disparaître de ma mémoire, et un jour, je relirai tout cela avec nostalgie!
26 April 2007
Found something while not looking
Yesterday, I was lurking at the local book store, browsing the covers of the mangas, then stopped at this one "Death note". I opened it, read a couple of chapters, and bought it. I will buy the next ones to get a better idea, but so far, it looks really promising. So, more on that later, I guess...
15 April 2007
La Faute de l'Abbé Mouret
Boulot, boulot, boulot... J'ai pas mal travaillé ces temps-ci donc j'ai eu peu de temps pour le reste... Mais comme un peu de repos s'impose, je viens de terminer "La Faute de l'Abbé Mouret" ("La Faute" en résumé). Ce roman, organisé comme un triptyque s'attache à étudier ce qui se passe dans les pensées d'un jeune abbé, Serge Mouret, fils des personnages principaux de l'opus précédent, François Mouret et Marthe Rougon. Comme à l'accoutumée dans cette série de Zola, Serge concentre un certain nombre de traits de son hérédité "particulière".
La première partie de La Faute décrit un jeune homme asexué, physiquement assez faible, qui s'est naturellement tourné vers le séminaire. Entièrement investi dans son rôle, il est nommé aux Artaud, un patelin où les habitants, tous paysans, ne sont guère tournés vers la religion, et sont principalement comparés à des bêtes se reproduisant entre eux ad vitam aeternam, sans jamais sortir de leur trou. Ici, Serge officie dans l'église, toujours vide, accompagné de sa sœur Désirée, grande femme dont la tête n'a jamais suivi le corps, et de la Teuse, la "bonne du curé". Désirée représente ici la vie, et s'entoure d'une basse-cour : coq, poules, cochons, chèvres, lapins, vache dont elle veille la croissance. Serge, lui, ne jure que par Dieu, et Marie, la figure qu'il affectionne particulièrement, sans savoir pourquoi, et vis au rythme des fêtes catholiques; sa foi si profonde l'amène à souvent se malmener physiquement, à s'oublier des heures en extase sur le carreau froid de l'église.
*** SPOILER COMING *** Dans la seconde partie, on apprend que le curé, tombé gravement malade, ayant perdu la mémoire et ses capacités physiques, a été placé par son oncle Pascal (le médecin, plus ou moins porte-parole de Zola) dans une maison, afin de se refaire. C'est une maison en retrait des Artaud, au milieu d'un très très vaste jardin, nommé le Paradou (Paradou <-> Paradis : subtil, n'est-ce pas?). Là, confié aux bons soins d'Albine, jeune femme sauvage pleine de vie, Serge va peu à peu recouvrer sa santé et éveiller, naturellement, sans s'en rendre compte, sa sexualité. Il naît véritablement homme à 25 ans, avec Albine, au milieu de cette nature. Après avoir "consommé" sa relation, ses souvenirs lui reviennent, et réalisant alors son errance par rapport à son statut de prêtre, il fuit le Paradou.
La troisième partie raconte le combat intérieur de Serge, la bataille intestine entre la nature, Albine, et la religion, la prêtrise. Allers et retours au Paradou, schizophrénie, automutilation deviennent son lot quotidien. Il re-gagne son statut, perd donc son sexe retrouvé, et vainc définitivement la tentation au prix de la mort d'Albine, mort à laquelle Zola donne un pendant de renouveau dans sa simultanéité avec la naissance d'un veau dans la basse-cour de Désirée.
Le roman puise une grande partie de sa puissance des descriptions ; dans la première partie, ces descriptions convoient l'atmosphère silencieuse de recueillement de Serge dans sa ferveur religieuse et sa vie recluse, ne vivant que dans des codes qui sont devenus de douces mécaniques. Dans la seconde partie du roman, les fleurs s'animent et exhalent leurs senteurs, les fruitiers nourrissent les nouveaux Adam et Eve de leurs fruits charnus et sucrés, les arbres leurs parlent et les branches gorgés de sève les invitent à la "faute". Enfin, dans la troisième partie, le combat qui devait arriver entre la nature et l'Eglise, entre Serge et la faute de son sexe, entre son coeur et sa tête, est soutenu par les hallucinations de Serge ou la nature entre dans une église grandissante par les toutes les fissures, jusqu'à la victoire finale du conditionnement ecclésiastique sur la nature humaine.
La Faute a bien entendu été violemment critiqué par tous les proches de l'Eglise de l'époque pour son atmosphère sulfureuse, mais au final, Zola n'est pas anticlérical, au contraire, mais il ne peut se résoudre à comprendre le célibat des prêtres et cette volonté de l'Eglise de s'opposer aux tendances naturelles de l'homme. L'exemple de Zola pour tout ce que l’église a de déviant selon lui, est personnifié par le détestable frère Archangias, être éternellement insatisfait, n'ayant probablement jamais fauté et qui jalouse ceux qui ont pu s'affranchir de leur rut, qui hurle au péché sur tout être qui passe dans une vulgarité et une haine qu'un conditionnement trop grand aura rendu inébranlable.
J'ai adoré la lecture de ce livre, même s'il est parfois arrivé, je l'avoue, de trouver que Zola a eu la main lourde avec les descriptions, pour lesquelles il a du épuiser toutes les variétés de plantes connues du Petit Robert pour remplir ses pages (visiblement un reproche qui lui a été souvent fait par ses contemporains). Cela m'a semblé plus criant ici, même si cela était déjà clairement le cas dans le Ventre de Paris par exemple avec les longues descriptions des étals et achalandages. Néanmoins, cette étude Zolienne du combat du prêtre m'a convaincu.
La première partie de La Faute décrit un jeune homme asexué, physiquement assez faible, qui s'est naturellement tourné vers le séminaire. Entièrement investi dans son rôle, il est nommé aux Artaud, un patelin où les habitants, tous paysans, ne sont guère tournés vers la religion, et sont principalement comparés à des bêtes se reproduisant entre eux ad vitam aeternam, sans jamais sortir de leur trou. Ici, Serge officie dans l'église, toujours vide, accompagné de sa sœur Désirée, grande femme dont la tête n'a jamais suivi le corps, et de la Teuse, la "bonne du curé". Désirée représente ici la vie, et s'entoure d'une basse-cour : coq, poules, cochons, chèvres, lapins, vache dont elle veille la croissance. Serge, lui, ne jure que par Dieu, et Marie, la figure qu'il affectionne particulièrement, sans savoir pourquoi, et vis au rythme des fêtes catholiques; sa foi si profonde l'amène à souvent se malmener physiquement, à s'oublier des heures en extase sur le carreau froid de l'église.
*** SPOILER COMING *** Dans la seconde partie, on apprend que le curé, tombé gravement malade, ayant perdu la mémoire et ses capacités physiques, a été placé par son oncle Pascal (le médecin, plus ou moins porte-parole de Zola) dans une maison, afin de se refaire. C'est une maison en retrait des Artaud, au milieu d'un très très vaste jardin, nommé le Paradou (Paradou <-> Paradis : subtil, n'est-ce pas?). Là, confié aux bons soins d'Albine, jeune femme sauvage pleine de vie, Serge va peu à peu recouvrer sa santé et éveiller, naturellement, sans s'en rendre compte, sa sexualité. Il naît véritablement homme à 25 ans, avec Albine, au milieu de cette nature. Après avoir "consommé" sa relation, ses souvenirs lui reviennent, et réalisant alors son errance par rapport à son statut de prêtre, il fuit le Paradou.
La troisième partie raconte le combat intérieur de Serge, la bataille intestine entre la nature, Albine, et la religion, la prêtrise. Allers et retours au Paradou, schizophrénie, automutilation deviennent son lot quotidien. Il re-gagne son statut, perd donc son sexe retrouvé, et vainc définitivement la tentation au prix de la mort d'Albine, mort à laquelle Zola donne un pendant de renouveau dans sa simultanéité avec la naissance d'un veau dans la basse-cour de Désirée.
Le roman puise une grande partie de sa puissance des descriptions ; dans la première partie, ces descriptions convoient l'atmosphère silencieuse de recueillement de Serge dans sa ferveur religieuse et sa vie recluse, ne vivant que dans des codes qui sont devenus de douces mécaniques. Dans la seconde partie du roman, les fleurs s'animent et exhalent leurs senteurs, les fruitiers nourrissent les nouveaux Adam et Eve de leurs fruits charnus et sucrés, les arbres leurs parlent et les branches gorgés de sève les invitent à la "faute". Enfin, dans la troisième partie, le combat qui devait arriver entre la nature et l'Eglise, entre Serge et la faute de son sexe, entre son coeur et sa tête, est soutenu par les hallucinations de Serge ou la nature entre dans une église grandissante par les toutes les fissures, jusqu'à la victoire finale du conditionnement ecclésiastique sur la nature humaine.
La Faute a bien entendu été violemment critiqué par tous les proches de l'Eglise de l'époque pour son atmosphère sulfureuse, mais au final, Zola n'est pas anticlérical, au contraire, mais il ne peut se résoudre à comprendre le célibat des prêtres et cette volonté de l'Eglise de s'opposer aux tendances naturelles de l'homme. L'exemple de Zola pour tout ce que l’église a de déviant selon lui, est personnifié par le détestable frère Archangias, être éternellement insatisfait, n'ayant probablement jamais fauté et qui jalouse ceux qui ont pu s'affranchir de leur rut, qui hurle au péché sur tout être qui passe dans une vulgarité et une haine qu'un conditionnement trop grand aura rendu inébranlable.
J'ai adoré la lecture de ce livre, même s'il est parfois arrivé, je l'avoue, de trouver que Zola a eu la main lourde avec les descriptions, pour lesquelles il a du épuiser toutes les variétés de plantes connues du Petit Robert pour remplir ses pages (visiblement un reproche qui lui a été souvent fait par ses contemporains). Cela m'a semblé plus criant ici, même si cela était déjà clairement le cas dans le Ventre de Paris par exemple avec les longues descriptions des étals et achalandages. Néanmoins, cette étude Zolienne du combat du prêtre m'a convaincu.
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