15 July 2010

Nana

Combien de temps s'est écoulé depuis mon dernier Zola?... Presque deux ans depuis l'Assomoir!!!??!!! Comment est-ce possible, j'ai l'impression que c'était il y a 6 mois? Le temps passe si vite que je ne m'en rends même pas compte! C'est beaucoup trop long donc je me suis attaqué à la suite de la série des Rougon-Macquart et je viens de finir Nana (en 2 semaines, ça me fait vraiment penser que j'ai perdu un temps fou avec Moby Dick).

Pendant ces 2 semaines, j'ai eu du mal à poser le livre tellement Nana
est un livre puissant! Zola est capable de dépeindre ses personnages
avec tant de force que j'ai l'impression de les voir s'animer devant
mes yeux...

En résumé, Nana est une tornade qui ne se contrôle pas. La puissance
de son sexe laisse des cadavres en pagaille sur son chemin: l'actrice
n'a pas de talent, mais elle a une crinière blonde, une forte gorge et
les cuisses blanches et lascives. Lancée au théâtre par Bordenave
dans le rôle de Vénus, elle fait suffoquer Paris de désir; elle
éblouit les hommes et les utilise, les vide, les ruine et les repousse
à sa guise. C'est ainsi qu'elle monte en société et en fortune,
usant notamment le banquier Steiner jusqu'à son dernier sou, mais
conservant de jeunes amants sans le sou pour couvrir sa peur de la
solitude.

En même temps, les hommes, ces animaux qu'elle manipule si facilement,
la dégoutent, et parfois elle a des envies de simplicité, loin de son
train de vie et de ses sollicitations permanentes. Ses envies sont
généralement furtives mais l'une d'elles, une toquade dit-elle,
l'entraîne dans sa chute. Et lorsqu'elle tombe, elle tombe bas et
fort. Sa toquade pour Fontan en fait une femme battue, obligée de se
prostituer pour payer un meuble, une dette ou un repas dont elle n'est
pas même remerciée. Pire, finalement lâchée par lui, elle bat le
pavé avec Satin, se débattant dans une vie dans la rue, a vendre son
corps, dans la peur de la police.

Enfin, remontant en selle, Nana déchaine son sexe et contamine tout
son monde de son ordure: elle se fait installer dans un hôtel
particulier et dépense frénétiquement la fortune d'un Comte Muffat
complètement à ses pieds, elle prend les frères pour amants jusqu'à
leurs destructions simultanées, les hommes font la queue dans l'hôtel
mais elle se prostitue parfois par ennui. Dans son dégoût des hommes,
elle se tourne vers les femmes, et Satin surtout: c'est un ménage à
trois qui s'installe alors légitimement, dans un hôtel crevant de
luxe dont l'argent s'échappe de toutes parts... Les femmes la
jalousent, la haïssent de plus belle et Paris ne l'en adore que plus:
elle est totalement conquérante à l'hippodrome, l'apothéose de la
victoire surprise du cheval nommé après elle étant prémonitoire des
problèmes à venir.

La trame du roman suit ce que l'on pourrait appeler "les collines de
Zola": Nana monte très haut, chute très bas pour remonter de plus
belle! L'image finale, montrant Nana mourante, défigurée, allongée
sur son lit, pendant que Paris prend les armes suite à la déclaration
de guerre à L'Allemagne, sert de relais à la volonté de Zola de
modeler Nana comme le second empire: les 2 ont vécu de leurs excès,
et doivent mourir de leurs excès.

Au final, Nana, avec tous ces salons remplis des visages de tous les
profiteurs de cette société: banquiers, noblesse, bourgeoisie,
presse, Eglise... est un microcosme idéal dans la croisade de Zola
contre le second empire ; par contre, Il s'attarde assez peu dans ce
roman sur ses thèses de l'hérédité et du détraquement originel par
rapport à ce qu'il a pu en traiter dans de précédents volumes.
Quelques allusions à sa mère Gervaise (sans la nommer), un
comportement nerveux, des emportements colériques sans catalyseur, des
apitoiements sur elle-même suffisent à maintenir la présence de
l'héritage génétique des Rougon-Macquart en toile de fond. Un volume
que j'ai dévoré!

01 July 2010

The Hitchhiker's Guide to the Galaxy

After the Moby Dick debacle, I needed something light and refreshing so I picked up The Hitchhiker's Guide to the Galaxy from Douglas Adams from my to-read pile of books. The Hitchhiker's Guide to the Galaxy is generally said to be a fun read. For the sake of my fingers, I'll just call the book H2G2, as seems to be the custom :)
Sooooo, I was looking for a change from Moby Dick, wasn't I? That was a change! For starters, I read the book in three days (as opposed to being stuck with it for 3 months), and was drawn to finish it (as opposed to forcing myself to turn the page). I found that it was refreshing and I even laughed a couple of times while reading it... This is definitely different from others sci-fi books like Dune or Foundation (my sci-fi culture is limited, sorry...) but I think this is what funny sci-fi is supposed to be. The tone is always derisive or ironic; the author often starts his sentence or paragraph some way and then boom! he turns it around and takes you by surprise with a goofy reference that you did not expect. Also, although the book does not take its subject very seriously, and even if it's not its primary goal, it manages to build a somewhat coherent story in a somewhat coherent universe.
Let's not be all positive here, it's not the best book in the world; at times, one can get tired of the abuse of derisive humor and of catchphrases but it's definitely not a show-stopper. Also in the minus column is the abrupt indecisive end (I hate it when they do that!).

As for the story, Arthur Dent has been dragged to the pub by his friend Ford Prefect, an undercover alien, and tries to enjoy several beers while hoping some workers do not demolish his house, when the Vogons, reputed as the worst poets in the universe, decide to destroy Earth, and proceed. That's for the first 3 chapters! Both manage to escape and beat the statistical odds (which were somewhat lower that winning the lottery twice in a row) to survive in space. There begins a journey sporting characters such as the two-headed rogue President of the universe, a depressed robot, white mice, the designer of the Norwegian fjords or friendly gun-happy space cops... You'll learn to never travel without your towel, how a war space fleet can be defeated by a simple dog, or how much 42 is the answer you were looking for.

As a conclusion, that was fun, but maybe not enough to make me rush to amazon.co.uk to buy the next volumes... Not yet anyway.