18 December 2006

Le ventre de Paris

Troisième livre de la série des Rougon-Macquart de Zola ; après avoir lu ce livre, je me susprend parfois a faire comme Claude et à essayer de catégoriser les gens autour de moi en tant que "gras" et "maigres". La bataille des gras et des maignes n'est pas que la différence physique entre les êtres, c'est le symbole plus profond de la guerre que se livrent la ville, les Halles de Paris, Lisa, les "honnêtes gens" et la nature, Nanterre, Florent.

Florent revient de Cayenne, où il a été exilé pour de mauvaises raisons par l'empire, et d'où il s'est échappé. Son arrivée à Paris, alors qu'il est famélique, au beau milieu des Halles est pour Zola l'occasion de démontrer la l'indécente jouissance et l'orgie de nourriture dont font preuve l'empire et les honnêtes gens qui profitent de l'empire; s'ensuivront de longues description, de boucherie, charcuterie, boulangerie, patisserie, poissonnerie, fromagerie, présentées comme des tableaux flamboyants, ou des symphonies bruyantes. Avec les gras, c'est le triomphe du ventre sur l'esprit. Comme dans la curée, Zola montre les excès de l'empire, au travers de ses personnages et de leurs actes.

Florent retrouve son frère, Quenu, à la tête d'une boucherie avec sa femme Lisa, tout en ventre et en gorge. Lisa acceptera d'héberger le maigre et tout au long du roman, tentera de l'assimiler à la société, de l'engraisser et d'en faire un honnête homme; la tâche se rvèle non seulement impossible, mais Florent a tellement vécu, rêvé, qu'il devient un maigre entier, et s'enferme dans un idéaliste qui l'éloigne de tout autour de lui. Ses théories politiques branlantes l'entraineront dans une misérable et prévisible fin, qu'il n'est que trop content d'accueillir, n'ayant pas la force d'agir dans quelque sens que ce soit.

Imaginons que Zola ressorte de sa tombe aujourd'hui : Que dirait-il des orgies de consommation que nous réalisons en cette période d'avant Noël? Que dirait-il de nos politiciens, qui ne connaissent que le discours e la langue de bois? Que dirait-il de ces écarts toujours grandissants entre riches et pauvres? Que dirait il de ces empires industriels et commerciaux plus forts que les états, de ces publicités et programmes télévisés qui lavent le cerveaux des gens? Que dirait-il de ces femmes-objets plates qui exhibent leurs os à longueur de pages de magazines et d'affiches sur les murs?
Mon avis : il retournerait sous terre devant tant d'inhumanité, car il n'y a plus grand chose à sauver...

Allez hop, comme à chaque fois quand j'ai lu un livre un peu grave, il me faut un livre plus léger à lire. J'ai un candidat sous la main : je n'ai jamais lu Asimov, ce sera l'occasion de commencer.

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