11 August 2010

Pot-Bouille

Si on devait résumer Pot-Bouille, on pourrait dire que ce volume 10 de
la série des Rougon-Macquart est une accusation à charge de la bourgeoisie du second empire. Zola n'y va pas par 4 chemins et, à travers les yeux d'Octave Mouret, il dénonce la façade de moralité, d'honneur et de famille que se donne la bourgeoisie par devant, tout en commettant les mêmes cocufiages, arnaques et tromperies en tous genres par derrière...

Un bémol néanmoins, on ne peut que voir que Zola fait de ce livre une attaque violente contre la fausse moralité de ces bourgeois: les ficelles sont parfois un peu grosses et l'on peut se demander si le trait n'est pas un forci lorsque pas un seul protagoniste n'échappe au dévergondage général... La lecture est malgré tout rendue plaisante par cette ambiance délétère et ce double-jeu des personnages; et j'apprécie toujours de retrouver la précision quasi mathématique de Zola dans la construction de ses romans.

En vrac, les points que je retiens surtout de ce roman sont les suivants:
  • Le thème de l'hérédité n'est pas du tout abordé dans ce volume; tout au plus sait-on qu'Octave est le fils de François Mouret et Marthe Rougon... Dommage.
  • Le traitement de l'adultère prend une place prépondérante dans le roman, avec une critique directe de l'éducation des jeunes femmes dans la bourgeoisie: elles trompent leurs maris par folie, par éducation ou par bêtise, mais semblent condamnées à l'un de ces destins.
  • Le grand immeuble symbolise les gens qui l'habitent: derrière l'apparence respectable, on y retrouve la cour où se déverse toute la pourriture. Zola abuse d'ailleurs un peu sur le rabâchage de cette métaphore...
  • Le représentant de l'Eglise, l'abbé Mauduit, est ici mis à mal: il connait très bien les péchés de ses ouailles, mais ne peut faire autrement que de les tolérer, de fermer les yeux et de les couvrir
  • La scène de l'accouchement d'Adèle, seule dans le noir et le froid, est décrite avec minutie (esthétique naturaliste oblige) et fait froid dans le dos; on comprend alors toute la misère de ses conditions de vie...
  • Les bonnes connaissent très bien les "saletés" de leurs maîtres et, si les bourgeois se cachent derrière une façade de moralité, les bonnes s'échangent les cochonneries de ceux-ci à pleine voix d'étage à étage via les fenêtres de la cour

Une lecture très agréable tout de même! Après deux tomes de Zola, je pense maintenant que je vais changer un peu d'univers :) donc je repars sur du Asimov.

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